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Essai Gilera GP 800 

300 kilomètres en GP800.

Ca faisait longtemps qu'on en avait entendu parler, ca faisait tout aussi
longtemps qu'on attendait son arrivée quand enfin un beau jour de janvier
nous avons reçu le GILERA GP800.

A notre grande surprise et contrairement aux habitudes de Gilera, le véhicule
est livré en caisse, comme les "vraies" motos. C'est dire le soin qui est
apporté à la machine.

Après un déballage épique de l'engin (il est sacrément bien fixé) et malgré
une activité non négligeable, l'atelier mit les bouchées double pour arriver
à mettre en route le magnifique GP800 dans la journée.

Que se soit à propos de la couleur, de la taille des pneus, de la ligne
générale ou encore du fond des compteurs et de l'accessibilité mécanique,
tout le monde y allait de son petit commentaire mais une chose est sûre on
était tous d'accord : Il est sacrément beau ce GP 800, une vraie réussite
avec son double échappement, son double optique superposé et ses feux
arrières rappelant une Ferrari.

On s'y voyait déjà, filant au vent à 200 km/heures l'air nonchalant et faisant
mourir d'envie les possesseurs de "gros-cubes" ou de T-Max.

Une fois la machine prête à rouler, vint le moment unique dans la vie d'un 2
roues, celui du premier coup de démarreur et c'est là que la magie du V2
opère.

Globalement silencieux il sait rester très discrêt mais aux vues des chiffres
sur le papier, cette discrétion ne pouvait être que de l'humilité et c'est ce
j'ai tenu à vérifier par moi même en profitant d'une réunion familliale
prévue à 150 kilomètres de Paris.

Le matin du jour J, malgré la température plutôt basse, il fait beau. Un temps
idéal pour une bonne virée à moto.

Je m'installe au guidon du GP 800 et première bonne surprise, mon mètre
quatre-vingt-dix y est très à l'aise. En effet contrairement au Nexus 500, le
guidon est suffisemment haut pour ne pas buter sur les genoux lors des
manoeuvres à basse vitesse. De plus la position de conduite est très agréable
et bien qu'on ait le choix de la position des pieds, je me suis surpris à ne
pas éprouver le besoin de les mettre en avant comme je le fait habituellement
sur mon X8 250.

Que les petits gabarits soient rassurés, ce n'est pas parce que je me glisse
aisément aux commandes du Gilera qu'ils seront pénalisés. En effet, la
hauteur de selle de 780 mm leur rend la machine tout à fait accessible.

Après avoir fait chauffer l'engin, je part gentiment à la pompe remplir les 14
litres du réservoir qui laissent présager d'une bonne autonomie. Par contre
c'est à ce moment que je me suis aperçu des deux seuls inconvénients du
GP800 : Son poid à l'arrêt et sa foutue béquille centrale !
Car autant en roulant le Gilera est très agile et léger, autant à l'arrêt son
embompoint risque de pénaliser les plus faibles. De même le béquillage déjà
peu facilité par le poids, reste une épreuve sportive. Le bras de levier
étant très près des magnifiques échappements, il est difficile de prendre un
bon appui dessus. Heureusement, Le GP800 dispose d'une béquille latérale à
contacteur couplé à un frein à main qui vous dispensera de fournir cet effort
et vous rassurera quant à la stabilité de la machine.
Et puis n'oublions pas que la moto c'est pour les hommes, les vrais et le
GP800 est nettement plus beau installé sur sa béquille latérale que perché
sur la béquille centrale.

Le plein fait, je repart en me disant que j'attendrait l'autoroute pour voir
ce qu'il a dans le ventre mais une fois la roue avant sur le périphérique vide
de ce dimanche matin, la tentation fut trop grande et l'occasion trop belle.

"Juste pour voir", c'est ce que je me suis dit quand j'ai ouvert les gaz en
grand libérant d'un seul coup les 75 chevaux de la belle italienne et j'ai
vu. Ou plutot j'ai vécu. J'ai vécu une accélération comme ça faisait
longtemps que j'en avait pas eu. Un bon coup de pied aux fesses qui vous
propulse quasiment instantanément à une vitesse depuis longtemps réprimée.

Le sourire jusqu'aux oreilles, je rend la main avant de perdre mon permis de
conduire et décide d'attendre sagement l'autoroute pour remettre ça.

Enfin le long ruban d'asphalte de l'A10 pointe à l'horizon, je fait un signe à
mon frère qui m'accompagne au guidon d'un X8 250 afin de lui faire comprendre
que je l'attendrait au péage et je mets poignée en coin.

En quelques seconde le X8 250 s'efface dans les rétroviseurs et le paysage se
met à défiler. Les quelques automobilites que j'ai renncontrés à ce moment là
ont du voir un espèce de grand zigoto les dépasser tout sourire,
confortablement installé sur une machine rouge et dans un bruit unique.

Car ce bruit est unique, ni trop bruyant pour rester agréable, ni trop
silencieux pour garder un coté rebelle, ce V2 distille une sonorité située
entre celle d'un Aprilia RSV 1000 et celle d'un Honda CB 500. Par contre, les
vibrations, elles, sont bien transalpines.
A la manière du RSV 1000 ou d'une Ducati, les accélérations sont accompagnées
de ces petites vibrations très agréables qui vous ferait dire que le moteur
est vivant ! Avec le GP 800 on est vraiement sur une moto, très loin de ce
qu'on a l'habitude de trouver en scooter où les senations sont généralement
gommées sinon absentes.

Quelques minutes plus tard et après quelques slaloms entre les pointillés, je
suis déjà à la barrière de péage de St Arnoult et il commence à faire
vraiment très froid comme me le confirme le tableau de bord qui indique 3°C
dans un clignotement prévenant du rique de verglas.

Mon frère arrive enfin. Frigorifiés par la température ambiante de saison,
nous decidons de nous arreter à la première pompe à essence histoire de ce
réchauffer un peu.

Transis de froid nous roulons ensemble et de temps en temps je pousse une
pointe et histoire de ne pas trop m'ennuyer je m'amuse à rattraper et
dépasser d'un coup de gaz les automobilistes les plus rapides qui nous
avaient eux même dépassé.

Quel plaisir que de rattraper en une fraction de seconde un véhicule dont la
vitesse est de loin supérieure à la vôtre au moment où il vous dépasse. Ce
Gilera est vraiment d'une efficacité redoutable et bien que la puissance soit
au rendez-vous (et coyez moi elle ne manque pas) elle reste tout à fait
maitrisable et est parfaitement transmise à la roue arrière grâce à la transmission finale par chaîne.

Et oui, il va falloir de plus en plus s'habituer à voir ce genre de véhicule à cheval entre deux catégories car à l'instar du PIAGGIO MP3 qui mixe automobile et 2 roues, le GP 800 mélange les genres en prenant le meilleur du scooter et le meilleur de la moto.


Autre point fort du GP800 : le freinage. Doté de maitre-cylindres à leviers
réglables Brembo, le freinage de l'italien est progressif, puissant et
dispose d'un bon feeling, il est parfaitement adapté à la puisance et au
poids de l'engin et ce d'autant plus que contrairement à ce qu'on rencontre
habituellement en scooter, le GP800 dispose d'un frein moteur qui, même s'il
n'est pas équivalent à ce que l'on pourrait trouver sur une moto d'une
cylindrée équivalente, vous permet de retrouver une allure plus raisonable
dans un délai réduit simplement en coupant les gaz.

Arrivés à la tant attendue pompe à essence, je retrouve quelques uns des
automobilistes que j'ai doublé précédement. Nonchalant et un café à la main,
nombres d'entre eux regarde le GP 800 avec circonspection. Certains le
reconnaissent, d'autres restent discrêts mais tous apprécient sa ligne.

C'est après une petite altercation avec une machine à café récalcitrante que
nous reprenons la route réchauffés de cette petite halte.
En sillonant les 100 prochains kilomètres, j'attends avec impatience de sortir
de l'autoroute et de rouler enfin sur les petites routes du Loir et Cher.

Ces routes, je les connais bien, ces petits virages parfois un peu traitres,
ces petits vallons verdoyants, ces lignes droites... Ca sent la bourre !

En effet ça n'a pas loupé et bien que le X8 250 ne dispose que de 22 chevaux,
bien manié et grace à son agilité il est capable de se mesurer à plus gros
que lui.

Evidement, le fabuleux couple offert par le GP 800 est sans commune mesure et
les sorties de virages vous arracheront sourires sur sourires car malgré son
poids de 249 kg, il est très bien équilibré et de ce fait est incroyablement
maniable.

Après avoir fait baver d'envie les autres motards de la famille, il est temps
de rentrer et le chemin du retour s'annonce plus fastidieux avec ces bouchons
de retours de week-end et une bonne partie de nuit.

Alors qu'il faisait 14°C lorsque nous sommes partis, la température chute d'un
seul coup avec l'arrivée de la nuit.

Le tableau de bord annonce 2°C lorsque le seul motard croisé ce week-end
décide de me doubler alors que je roule gentiment à 120km/h sur la voie de
droite.

Mon sang n'a fait qu'un tour, il est clairement hors de question de le laisser
filer ! Laissant mon frère et son Piaggio, je libère la puissance d'une
rapide rotation de la poignée droite.

Le GP 800 n'attendait que ça et en quelques secondes à peine je me retrouve à
une vitesse que je ne pourrais noter ici sans me faire tirer les
oreilles.

Installé comme ils peuvent sur leur moto, le pilote et sa compagne sont
héberlués de me voir débouler à cette vitesse assis comme dans un fauteuil
les pieds en avant. En un mot : relax.

Nous roulons ensemble quelques kilomètres, filant à vive allure entre les
voitures comme à la bonne époque.
C'est à ce rythme que j'arrive en région parisienne en pleine nuit et je
remercie les ingénieurs de chez Gilera d'avoir doter le GP800 d'un feu de
route exceptionnel.

Encore une fois on est loin de ce qu'on trouve habituellement en scooter, le
plein phare est d'une efficacité incroyable et il faut bien avouer qu'à
certaines vitesses, c'est plus qu'utile.

Cette fois le rêve s'achève, je range le GP800 et les yeux encore pleins
d'étoiles je récupère mon fidèle 250 qui me semble bien fade d'un seul coup.

Mais pourquoi ai-je décidé d'habiter à 3 kilomètres de mon lieu de travail ?
Car il n'y a pas à dire, le GP800 donne envie d'habiter loin et de retrouver
quotidienement ces sensations qui nous font aimer le deux-roues plus que
n'importe quel autre moyen de locomotion.

Si cet article vous a donné envie, n'héstez pas à passer à notre boutique située au 264 rue du faubourg ST Antoine PARIS XII où vous pourrez vous rassaiser avec un GP 800  que nous avons mis à l'essai.

--
Mike

PRIX : 9 499 €

Venez le voir, venez l'essayer, c'est un grand plaisir.

Plus d'infos sur le GP 800 (Site web de Gilera).

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